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 Profil

Fréda Laurent, la courageuse, la mère, la combattante

L

a communauté haïtienne du Massachusetts connaît Fréda Laurent comme féministe «rouge», et par-dessus tout, lavalas «cent pour cent». Certains l’appellent «rèn» à force qu’elle reflète l’apanage des grandes femmes de l’histoire politique haïtienne qui ont su se battre et résister contre les injustices socio-économiques et la répression tout en élevant une famille, sans complexe aucun.

Née Bélizaire le 1er mai 1953, dans un environnement modeste d’une famille de 10 personnes (père, mère et enfants), à Pétion-Ville, Haïti, Fréda Laurent a depuis longtemps choisi d’accomplir sans relâche la double mission que la destinée lui a incombée: primo, savoir s’occuper d’elle-même, des enfants, du foyer conjugal; segundo, se donner toute entière en contribution pour le changement de cette société d’asservissement et d’injustice, qui abêtit l’homme et la femme. Avec son mari, Guy Laurent, un dirigeant du COSAH, ils militent depuis plus d’une décennie dans la communauté haïtienne en diaspora pour le respect des doits et dignité du peuple haïtien.

Fréda a complété ses études primaires, respectivement, «Chez Madame Durocher» et ches les «Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours». Ses études secondaires débutées chez les «Sœurs de la Sagesse», et poursuivies à «Saint-François d’Assises», furent interrompues par son voyage, avec sa mère, à destination de Boston. En 1973, elle boucla son High-School (équivalent au baccalauréat haïtien). La même année, elle débuta ses études universitaires au Boston Collège où, en 1977, elle obtint son B.S. en «Nursing». Ne se contentant point de cette licence, elle se rendit à Boston University où, après deux années consécutives de durs labeurs, elle décrocha un M.S.N. (Masters of Science in Nursing). Ce qui lui a valu un emploi comme superviseur d’infirmières. En 1985, elle devint Directrice des infirmières à Taunton State Hospital, une position qu’elle occupe jusqu’à ce jour. Voulant définitivement maîtriser la gestion publique, elle entra à Harvard University, l’une des plus prestigieuses, sinon la plus internationalement reconnue. Elle en sortît en 1993 avec un M.P.A. (Masters of Public Administration). Et déjà, elle pense y retourner pour son PhD.

Une telle enviable formation académique fait symbiose avec son militantisme; auréolée de courtoisie, du sérieux et de l’attitude affectueuse qu’on lui reconnaît, Fréda Laurent sait se donner à chacun des membres de sa famille, de ses amis, bref; son attachement, sa foi à la lutte du peuple témoigne qu’elle est d’une sensibilité rejaillissant sur les facettes d’une femme qui tient à cœur la raison de vivre, de lutter et de vaincre, comme condition unique d’exister.

Même son choix pour le Nursing n’était pas une démarche affairiste, écartée de tout souci vocationnel; c’était plutôt une poussée sentimentale d’élan, vers le scientifique, la praxis, l’amour projetés sur la personne humaine. Son altruisme prolongé jusqu’à la politique rejaillit sur sa tâche de militante, defansèz des valeurs du pays (Haïti), et gardienne de l’espoir en ses dignes fils et filles.

Nous encourageons par le moyen qui nous est ici offert le grand travail politique et communautaire de Fréda Laurent. Et nous rêvons avec elle d’une société haïtienne où tous les hommes et toutes les femmes seront libérés des entraves du féodalisme, du capitalisme rachitique, du sexisme et du macoutisme. C’est d’ailleurs pour cela que Fréda pense que: «Dans la conjoncture politique actuelle, femmes et hommes d’Haïti doivent converger leurs forces, leurs moyens, leurs ressources sur le pays pour porter des coups aux putschistes, empêcher l’intervention militaire américaine menaçante, impulser les attaques aux fins déchouquers les forces de la terreur et de l’exploitation. Et aux camarades et compatriotes haïtiennes qui luttent pour la libération de la femme, je leur dirais que notre libération passera par la libération totale de notre pays. Cela ne nous est pas interdit! Pour y parvenir l’unisson féminin-masculin ou masculin-féminin s’avère indispensable».

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